Vieux quartier qui m’a recueilli
Quand, pour un bout de pain,
Le cœur en chagrin,
Si triste, j’ai quitté mon pays
J’ai changé de destin.
Au bar des Balanins,
Quelqu’un m’a tendu la main.
Sur ce doux visage, un sourire s’est écrié
« Bienvenue chez toi, au Panier ! »
Dans ces murs antiques, tant de solidarité,
J’ai retrouvé le pas de l’amour exilé,
Les pierres, mémoire de mon village,
Des expatriés, sont le point d’ancrage.
De la rue Baussenque à l’Evêché,
Résonnent les sirènes quittant le port,
Longs navires qui, le temps d’un été,
Déposent sur leur terre tant d’exilés.
La place de Lenche, gardienne d’un nom
Illustre famille, créant un pont
De mon pays, difficile abandon
A cette rive, nouvelle maison.
Protégé par ces murs chargés d’histoire,
Le temps d’un instant, je pourrais croire,
Sentir le parfum, entendre l’accent,
Retrouver le goût, jusqu’à l’enivrement,
D’un retour chez moi que j’attends.
Céline